01 39 35 30 55
L’HYPERSPÉCIALISATION PAR ARTICULATION

Pathologies

Tendinopathies de l'appareil extenseur du genou

par le Docteur Amaury VANDEBROUCK

1) Introduction

Les tendinopathies du genou, chez l’adulte sportif, prédominent nettement au niveau de l’appareil extenseur en raison de sa forte sollicitation et des contraintes mécaniques importantes auxquelles il est soumis. Il est plus logique de parler de tendinopathie que de tendinite, car la lésion tendineuse n’est pas toujours inflammatoire mais parfois fissuraire.

Les sports concernés par ces tendinopathies sont ceux qui nécessitent un travail important du quadriceps, à savoir la course à pied, le cyclisme, les sports de saut ou d’impulsion (volleyball, basket ball).

Ces tendinopathies peuvent toucher soit le tendon rotulien ou patellaire, soit le tendon quadricipital.

L’atteinte rotulienne est la localisation de loin fréquente des tendinites de l’appareil extenseur du genou (90% des cas), contre 10% pour l'atteinte du tendon quadricpital. Elle se situe le plus souvent, au niveau de l’insertion proximale du tendon (entésopathie d’insertion), au niveau de la pointe de la rotule. Plus rarement, cette tendinopathie peut se situer au niveau de l’insertion tibiale du tendon rotulien sur la tubérosité tibiale antérieure ou parfois en plus corps tendineux (téno-synovite).

2) Diagnostic

L’interrogatoire et l’examen clinique permet, dans la très grande majorité des cas, d’établir un diagnostic de certitude, mais il est parfois utile de réaliser des examens complémentaires, notamment une IRM afin d’analyser la structure tendineuse à la recherche de lésions fissuraires en phase de prérupture, éventuellement accessible à un traitement chirurgical.

L’atteinte quadricipitale est beaucoup plus rare que l’atteinte rotulienne, mais les critères diagnostiques, hormis le siège de la douleur, ne différent pas de la tendinite rotulienne. Les examens complémentaires à réaliser (radiographies, échographie, IRM) sont identiques.

3) traitement

Le traitement de ces tendinopathies, quelles soient rotuliennes ou quadricipitales, est avant tout médical. En effet, la chirurgie doit demeurer un traitement de derniers recours en cas de persistance des troubles après au moins 6 mois de traitement médical bien conduit.

Ce traitement comporte plusieurs volets :
- Traitement symptomatique à visée antalgique : repos sportif (arrêt des sports à risque pour le quadriceps), prise d’anti-inflammatoires per os ou par voie locale, antalgiques, cryothérapie, physiothérapie, massages transversaux profonds et port d’une contention pour soulager l’appareil extenseur.
- Repos sportif.
- Immobilisation par une contention élastique adaptée.
- Rééducation musculaire en mode excentrique (protocole de Stanish), travail de la pliométrie, étirement du quadriceps et des ischio-jambiers.
- Prise en charge des facteurs favorisants et déclenchants la tendinopathie : préparation physique, nutrition, hydratation au cours de l’effort, planning d’entrainement…
- Injections de facteurs plaquettaires ou PRP favorisant la cicatrisation tendineuse.
- La place des injections tendineuses de corticoïdes doit rester exceptionnelle en raison du risque de rupture tendineuse itérative.

La place de la chirurgie doit rester exceptionnelle et ne doit être proposée qu’après 6 mois de traitement médical bien conduit. Elle repose sur l’excision des zones cicatricielles intra-tendineuses et la suture des fissures (peignage du tendon), suivie d’une immobilisation à visée de cicatrisation.
Haut de page