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L’HYPERSPÉCIALISATION PAR ARTICULATION

Pathologies

Entorse du ligament latéral interne

par le Docteur Amaury VANDEBROUCK

1) Introduction

Le ligament latéral interne (LLI) est un des ligaments principaux du genou et est l’élément stabilisateur principal du compartiment médial du genou. En connectant le fémur au tibia à la face interne du genou, il évite principalement l’ouverture interne du genou lors des mouvements de valgus.

Ce ligament est constitué des 2 faisceaux : profond et superficiel qui peuvent être lésés de façon isolée ou concomitante. D’autres éléments anatomiques participent à la stabilisation du compartiment interne du genou mais sont plus anecdotiques.

Le mécanisme lésionnel est le plus souvent un mouvement en valgus forcé associé ou non à une hyper-rotation externe du squelette jambier.

L’atteinte isolée du ligament latéral interne est de loin la plus fréquente mais elle peut s’intégrer à une lésion ligamentaire plus complexe (de la rupture du LCA jusqu’à la luxation du genou).

2) Diagnostic clinique

Le diagnostic d’entorse du ligament latéral interne est avant tout clinique et le testing ligamentaire va rechercher une douleur le long du ligament latéral interne, une laxité interne en valgus forcé en extension et à 30° de flexion témoignant de l’atteinte du LLI.
Naturellement, cet examen sera complété en recherchant d’autres lésions ligamentaires éventuellement associées.

À la fin de l’examen clinique, on peut alors classer l’atteinte du LLI selon 3 grades de gravité croissante:
  • Entorse de grade 1 : douleur le long du LLI sans aucune laxité clinique. Il s’agit d’un traumatisme bénin avec rupture de quelques fibres ligamentaires.
  • Entorse de grade 2 : il s’agit d’une rupture partielle du LLI. On retrouve des douleurs plus importantes le long du ligament, un saignement ou un œdème localisé et une laxité modérée en valgus forcé.
  • Entorse de grade 3 : il s’agit d’une rupture complète du LLI soit en plein corps tendineux ou au niveau de son insertion fémorale ou tibiale. Il existe un bâillement interne du genou en valgus forcé présent en flexion mais pas en extension, et la douleur le long du LLI est très importante.
Une laxité interne en valgus forcé en extension et en flexion à 30° fera recherchée une atteinte du pivot central : lésion du ligament croisé antérieur et surtout lésion du ligament croisé postérieur.

3) Diagnostic radiologique

Bien que le diagnostic soit avant tout clinique, les examens d’imagerie peuvent avoir un intérêt dans la recherche des lésions associées notamment du pivot central (LCA et LCP) mais aussi des ménisques et cartilagineuses.
Les radiographies standards sont toujours indispensables et permettent d’éliminer une fracture associée mais sont le plus souvent normales. L’échographie et le scanner ont peu d’intérêt.
Si une imagerie doit être demandée, l’IRM est l’examen de choix en confirmant le diagnostic évoqué cliniquement, en montrant le siège de l’atteinte (fémorale, tibiale ou interstitielle) et en permettant de classer l’atteinte ligamentaire selon 3 stades :
  • stade 1 : œdème périligamentaire avec ligament intact
  • stade 2 : rupture partielle du LLI avec hypersignal ligamentaire (absence de laxité clinque)
  • stade 3 : rupture complète avec laxité clinique.
Entorse de stade 3 du LLI (coupe frontale 1) Entorse de stade 3 du LLI (coupe frontale 2) Entorse stade 3 du LLI (coupe axiale)

4) Traitement

Le traitement des atteintes isolées du LLI est avant tout médical soit fonctionnel ou orthopédique.
L’atteinte de grade 1 sera traitée fonctionnellement : absence d’immobilisation ni rééducation mais prise en charge de la douleur par antalgiques, anti-inflammatoires et cryothérapie.
Les atteintes de grade 2 et 3 seront traitées orthopédiquement par une immobilisation dans une attelle en extension pendant 3 à 6 semaines avec appui autorisé. La rééducation avec mobilisation en flexion/extension est toujours à prévoir et sera débutée dès que les douleurs auront diminué, mais les mouvements de valgus sont à éviter avant la fin de la 6ème semaine.
Le traitement chirurgical n’est jamais envisagé sauf dans les atteintes multiligamentaires complexes.
L’évolution est le plus souvent simple, même si le ligament peur rester sensible pendant 2 à 3 mois.
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